Samedi 5 septembre 2009
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Le débat s'est porté ces derniers jours sur le projet de taxe carbone défendu par le gouvernement et par les Verts. Ce projet prévoit de taxer les combustibles fossiles, comme le pétrole de manière
progressive d'année en année.
C'est donc un nouvel impôt qui serait bientôt mis en place. Un impôt de plus pour les 64 millions de français par ces temps difficiles. Un impôt qui se révèle être complètement inefficace et
injuste!
Inefficace parce que les gens ne pourront pas se passer de leurs véhicules et ne consommeront pas moins. Tant que des modes de transport alternatifs comme les véhicules électriques et tant qu'un
réseau dense de transports en commun sur le territoire ne seront pas mis à disposition des citoyens, cette taxe sera totalement inutile. C'est un changement de civilisation qu'il nous faut imposer,
pas un ajustement à notre mode de vie destructeur pour l'humanité. D'autant plus que cet ajustement sera terrible pour les familles modestes et les classes moyennes, qui vont devoir encore
supporter la volonté de l'État de remplir ses propres caisses. Alors bien sûr, le gouvernement, pour faire passer la pilule nous parle d'une redistribution des bénéfices de cette taxe. Il est
important de se demander si les bénéfices de cet impôt rejoindront ou pas les bénéfices de la journée de solidarité pour les personnes âgées qui attendent depuis de nombreuses années la
redistribution des gains du lundi de pentecôte. Il ne s'agit pas d'être naïfs: si le gouvernement redistribuait les impôts, çà se saurait...
Il est totalement hors de question de cautionner une taxe qui nous mènerait au modèle tant souhaité par Christine Lagarde: «les riches en auto, les pauvres à vélo». Cette taxe serait dramatique
pour les régions rurales et pour toutes les personnes qui habitent loin de leur lieu de travail; il ne s'agirait plus de travailler plus pour gagner plus, mais tout simplement de gagner plus pour
pouvoir travailler. Ce projet de taxe carbone révèle bien la vision urbaine voire essentiellement parisienne du gouvernement mais aussi des Verts, qui semblent n'avoir aucune idée de la vie des
français loin des centres urbains. Dans une interview récente (sur marianne2.fr), Martine Billard (ex-Verts) dénonçait «l'assèchement intellectuel total» des verts qui n'auraient aucun programme en
matière sociale. L'approbation aveugle de ce projet de taxe carbone au détriment des plus pauvres en est bien la preuve et nous le regrettons profondément, ayant eu de profondes sympathies pour ce
parti et pour le mouvement Europe Ecologie.
Cependant, il est vrai, il y a urgence en matière écologique. Alors que faire? Il faudrait déjà commencer par taxer les gros industriels plutôt que les ménages modestes et faire appliquer le
principe du pollueur-payeur. Il est nécessaire de permettre et d'offrir aux citoyens des alternatives propres. Pour cela, il est essentiel de baisser la TVA sur les produits propres et de
l'augmenter sur ceux qui ne le sont pas, à condition que l'alternative existe. Ce système se rapprocherait d'un système de bonus-malus vert. Enfin, l'État doit se montrer judicieux et audacieux en
misant sur l'avenir et en privilégiant les industries de demain plutôt que de vouloir à tous prix aider les industries vieillissantes et hautement polluantes. Si nous voulons repartir du bon pied
après cette crise, n'ajustons pas seulement nos comportements. Il s'agit de changer. Changer de modèle!
Par Jérémy Daumard
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Publié dans : Combat
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