Tribune libre: "Gaza, un an après"
Il y a un an, jour pour jour, était déclaré le cessez-le-feu entre Tsahal, l'armée israélienne , et les combattants du Hamas, organisation terroriste pour la libération de la Palestine, après la mort de plus de 1 400 civils palestiniens. Pourtant, un an après la prétendue fin de ce conflit, la situation reste très préoccupante pour le million et demi de palestiniens enfermés dans une réelle prison asphyxiante.
Car, un an après, Gaza subit toujours le blocus israélien, imposé il y a trois ans suite à la victoire du Hamas dans cette petite bande sableuse du proche-Orient. Un an après, ce sont toujours près de 10 000 Gazaouis qui vivent dans des tentes à côté des ruines de leurs maisons, n'ayant pas accès aux matériaux de reconstruction. Un an après, ce sont près de 80% de la population qui se nourrit exclusivement de l'aide alimentaire internationale quand celle-ci peut passer l'obstacle du blocus. Un an après, ce sont toujours des palestiniens qui meurent ou attendent de mourir, faute de soins.
L'État d'Israël a montré qu'il souffrait de la pathologie de la victime, celle qui fait que l'enfant battu devient l'adulte violent. Le caractère disproportionné de l'attaque lancée il y a plus d'un an contre une population déjà dans la misère et n'ayant aucune porte de sortie, en est la principale expression. Heureusement, beaucoup d'israéliens s'opposent aujourd'hui au bellicisme de leur gouvernement. En témoigne la participation, le 31 Décembre dernier, de juifs orthodoxes à la marche pour la libération de Gaza. Certains rabbins déclaraient alors que l'offensive lancée il y a un an était faite "contre la Palestine, contre le judaïsme, contre le peuple juif et contre l'humanité". Cette affirmation est d'autant plus vraie qu'il a été montré, à travers le rapport Goldstone (de l'ONU, qui malheureusement a été trop vite enterré) que l'armée israélienne avait violé le droit international en commettant des crimes de guerre voire des crimes contre l'humanité.
Cependant, il serait malhonnête de ne pas aussi mettre en avant et critiquer les crimes de guerre qu'ont aussi commis les militants du Hamas, qui reste une organisation terroriste que nous devons tous condamner.
Pourtant, la paix n'est pas impossible! Nous, jeunes que nous sommes (peut-être utopistes) croyons encore et toujours dans la paix et l'amitié entre les peuples. Pour arriver à la paix au Proche-Orient, chacun (que ce soit le Hamas, l'État d'Israël ou encore la communauté internationale) doit faire un pas en avant.
Tout d'abord, le Hamas doit reconnaître l'État d'Israël et le droit à la sécurité de celui-ci. Ce dernier, quant à lui, a l'ardente obligation de lever le blocus sur la bande de Gaza pour permettre l'aide humanitaire et internationale d'aider les Gazaouis à se reconstruire. Le gouvernement Nétanyahu doit également cesser la colonisation et doit reconnaître Jérusalem-Est comme la capitale du futur État palestinien. La guerre appelant la guerre, les deux parties doivent déposer les armes dès maintenant, préalable nécessaire et logique à la paix. Tous doivent cesser ce cercle vicieux. Riposter aux attaques par des attaques peut être un cycle sans fin, favorise les extrémistes, et condamne l'espoir. Ce cycle condamne l'espoir des enfants qui « oubliés de la vie, seront de plus en plus nombreux à être candidats à la mort » comme le dit l'écrivain Dominique Eddé.
Néanmoins, il serait dommageable de croire que ce conflit n'est qu'un conflit de voisinage. La France, l'Europe et la communauté internationale, de part leur histoire et leurs erreurs ont une responsabilité dans cette situation. La communauté internationale, bien trop souvent amorphe dans ce conflit doit être actrice de la paix. Elle doit, puisque cela semble nécessaire pour stopper le cercle vicieux dont on parlait tout à l'heure, mettre en place comme au Kosovo il y a quelques années, une force d'interposition entre les belligérants. Elle doit mettre en place des zones tampons pour faire cesser les attaques et les massacres des deux côtés. Dans un climat apaisé, l'argent qu'elle a promis il y a un an pour la reconstruction de Gaza (4,5 milliards d'euros) pourrait peut-être enfin arriver...
Parce que nous serons toujours du côté des opprimés, quelque soit leur religion, quelque soit leur couleur ou quelque soit leurs convictions, nous appelons tous les protagonistes de ce conflit à faire un compromis nécessaire pour la paix.