Synthèse du débat participatif du 25 Juin 2009 - La santé environnementale

Notre environnement c'est notre santé !
Synthèse du débat organisé par les Jeunes d'Avenir le 25 juin sur la santé environnementale







          Le sujet est d'actualité et se prête bien au débat. Le grand public s'interroge de plus en plus sérieusement aux conséquences de l'activité humaine (les ondes, les OGM, les pesticides, la gestion des déchets) sur la santé publique. Depuis 20 ans, les cancers ont augmenté de 40%, l'asthme concerne 1 enfant sur 3 en Europe , 75 000 tonnes de pesticides sont épandues chaque année en France (n°1 mondial pour la quantité de pesticides épandus à l’hectare), polluant 57% des nappes phréatiques et 80% de nos rivières (il faudrait que le principe pollueur-payeur soit réellement appliqué ce qui n’est pas le cas aujourd’hui). Quelques chiffres qui font froid dans le dos et qui rappellent qu'il est plus que temps d'agir ! D'autant plus que les évaluations des produits chimiques utilisés sur les lieux de travail restent trop rares : seulement 3% des 100 000 substances chimiques en circulation étaient soumises à des analyses avant le projet REACH défendu par l’Union européenne en 2006. Il faut également savoir que seulement 20% des déchets sont recyclés ou compostés à l'heure actuelle.

     Le gouvernement affiche une pleine conscience de ces enjeux mais le résultat des Grenelles (de l'environnement et des ondes) mis en place est assez décevant. Les médecins n'ont pas été pleinement associés aux groupes de travail. De plus, les Grenelles ont fixé des objectifs mais n’ont pas informé des moyens pour y parvenir. Les objectifs (antérieurs aux Grenelles) de baisse de 30% des émissions de particules fines d'ici 2011 et de 50% des utilisations des pesticides d'ici 2018 ne seront vraisemblablement pas remplis. Or, il faut donner les méthodes et les crédits aux différents agents (dont les entreprises) pour atteindre ces objectifs. Le gouvernement a également commis l’erreur de fixer, comme pour les émissions d'ondes, des seuils de tolérance arbitraires.

     Mélanie Jeanney, étudiante en médecine, a insisté sur le lien existant entre alimentation et cancer. L‘augmentation du nombre de cancers est certes due en partie au vieillissement de la population, mais elle est aussi due à l'augmentation des mauvaises conditions environnementales. Cependant l’impact environnemental est difficile à prouver, notamment car les symptômes ne sont donc pas directement visibles, comme avec l'amiante qui a un taux de latence de 20 ans.

     Pour réduire les risques concernant l’alimentation, il faudrait absorber 400g de fibres par jour (les fameux 5 fruits et légumes). Les gens ne sont pas forcément assez informés sur ce sujet. 80% des cancers ne sont pas héréditaires. La prévention est donc difficile à mettre en place. Les effets d'un cancer sont toujours du domaine du long terme. Il faut savoir que la supplémentation, c'est-à-dire l'absorption de doses supérieures à la dose physiologique qu’on trouve naturellement dans les aliments à celles recommandées n'a aucun effet positif et peut même se révéler négatif.

     Les familles ont l'habitude de consommer des plats tout prêts qui sont bien souvent trop gras ou trop sucrés, pauvres en nutriment et qui contiennent toutes sortes d’additifs chimiques (colorants, conservateurs). Les additifs alimentaires de synthèse devraient être évalués avant leur utilisation, ce qui n’est pas toujours le cas. En outre, les familles ne prennent plus le temps de cuisiner alors que de nombreuses recettes ne sont pas forcément longues à réaliser. Les cours de cuisine devraient être réhabilités à l'école ainsi qu'une éducation sur la nutrition. Les postes dans la prévention-éducation à la santé ne sont pas assez développés en France. Il peut ainsi être proposé la création de structures Éducation à l’Environnement et au Développement Durable dans les régions visant à soutenir des associations dans leurs projets EEDD.

     Les mentalités n'ont évolué que depuis très récemment sur les causes des problèmes de santé. Lionel Roucan, vice-président du Conseil régional d'Auvergne a affirmé qu'il s'agissait là d'un premier pas important dans ces préoccupations nouvelles. L'alimentation est avant tout un acte culturel plutôt que biologique donc il n'est pas évident de connaître et d'évaluer les doses quotidiennes des différents nutriments nécessaires à chacun. Nous sommes dans une société du plaisir rapide. La région a mis en place des repas bios dans les lycées, ce qui a conduit à de nombreux blocages. Cette initiative devrait être étendue aux système scolaire et universitaire. Les filières sont rapidement saturées. Seules 2% des terres sont cultivées de manière biologique. Les produits peuvent être plus chers à l'achat mais il y a moins de perte de poids, ce qui fait qu'il est possible de préparer davantage de repas avec moins de produits, ce qu'il a fallu expliquer aux cuisiniers dans les lycées. Les a priori sur le bio sont avant tout culturels. Il est vrai qu'entre l'agriculture conventionnelle chimique et l'agriculture bio, un intermédiaire est souvent évoqué : l'agriculture raisonnée. Mais derrière ce terme « raisonnable » se cache une vérité moins glorieuse. Seule une exigence de traçabilité des divers produits utilisés permet de différencier l’agriculture raisonnée de l’agriculture « conventionnelle ». Il n’y a aucune obligation de réduction du recours à ces produits. Une AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) qui va devenir l'AOP (Protégée) européenne n'assure pas une stabilité qualitative du produit. Dans la filière bio, en revanche, il y a une obligation de résultat. Le label AB défini au niveau européen comprend un très important cahier des charges. Certains landërs allemands, comme la Bavière, obligent leurs paysans à faire du bio autour des agglomérations pour ne avoir à dépolluer les nappes phréatiques et les cours d’eau. Ils ont évalué les coûts de l'agriculture productiviste et ont compris qu'ils étaient, au final, supérieurs à ceux de l'agriculture biologique. Ils ont aussi compris que ce que l'on mange peut rendre malade.

    Un des gros problèmes des nouveaux agriculteurs voulant se lancer dans le bio est le fait de trouver une terre viable (non durablement polluée) et de réussir à se la faire attribuer. Des associations d'aide à l'acquisition du foncier pour les agriculteurs bio se mettent en place. Nous avons également noté que les professionnels ont un grand rôle à jouer pour informer correctement les gens. Il faut informer sur les structures solidaires d’investissement pour l’achat de ce type de foncier. Il est nécessaire que les autorités publiques prennent des mesures ambitieuses et volontaristes pour forcer les agriculteurs à réduire progressivement leur consommation de produits phytosanitaires et pour à terme passer en bio (aides à la reconversion via la formation et des aides financières).

     Dans le domaine des ondes, comme pour les OGM ou les pesticides, le principe de précaution n'est pas appliqué : c'est toujours aux plaignants de prouver la nocivité des antennes et non aux opérateurs de prouver leur innocuité, comme nous le montre les déboires des habitants de Jussat. Dans ces cas-là, une information et une concertation des riverains sont primordiales avant toute installation d’antenne. En outre, financer des expertises indépendantes est difficile et coûteux et on se heurte à la puissance des opérateurs qui ont d’importants moyens financiers et de propagande (et activités de lobbying). La nocivité des ondes (téléphonie mobile et wi-fi) n'est pas reconnue donc il est difficile d’expliquer qu’il faudrait fixer des normes. Globalement, le problème est en terme d'appréciation du bien fondé des politiques publiques.

     Faut-il se cantonner à évaluer nos décisions par rapport à leur impact sur le PIB (et donc sur la fameuse croissance « économique » qui mesure l’augmentation du PIB) ? Il est essentiel de trouver de nouveaux indicateurs économiques alternatifs comme ceux qui mesurent le bien-être ou la qualité de vie. Il est aussi nécessaire d’opter pour une croissance soutenable ou durable, verte et juste.





23 participants étaient présents à ce débat dont 10 jeunes. A noter la présence de deux vice-président(e)s de région et la participation des Jeunes Verts. La synthèse a été élaborée collectivement
Les propositions sont en gras.

jeunesdavenir63@live.fr
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